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F pour FERRYVILLE
Petite ville de la Tunisie du Nord où je suis née
Il est fréquent que nous ayons la nostalgie de notre enfance et de notre jeunesse.
C'est mon cas quand j'évoque cette période de ma vie, entourée de douceur, dans les parfums de jasmin,
d'orangers, de violettes, les yeux accrochés par les couleurs des bougainvilliers, des hibiscus, du mimosa...
Les cieux cléments, le plus souvent bleus, nous amenaient parfois, du Sahara, quelques restes d'un sirocco
chargé du sable des dunes du grand sud.
Nous étions une famille élargie aux voisins. Les évènements des uns marquaient la vie de tous. Nous étions
de religions différentes mais avions autant de bonheur à célébrer les fêtes religieuses à l'église, à la synagogue,
ou à la mosquée, lesquelles se terminaient invariablement par des agapes, des jeux, de la musique et des rires.
Période bénie où une tolérance sans restriction nous permettait de vivre dans la paix et la joie.
Des histoires politiques qui nous dépassent ont fait éclater cette belle harmonie, mais la douceur de mon pays
natal m'a enrichie pour le reste de mon existence.
Aujourd'hui, des décennies plus tard, je reste attachée à cette terre qui est ma seconde patrie et à ce petit coin
ordinaire où mes parents nous avait aménagé un nid douillet et combien regretté.
Annie GUERDER-BAMAS
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